Lettre ouverte de la société civile aux élus parlementaires du Morvan

1ères associations signataires :

Adeny — Adret Morvan — Alter Ego — Alternatiba Nevers — Arpent — ATTAC NièvreAutun Morvan écologie — CM TERRECO  — Collectif du Bois de Mal Appris — Collectif des amis de la Forêt au Duc — Festival de la Cour Denis — FNE Bourgogne — Groupement de Defense du Patrimoine corbigeois et de la communauté  de communesGroupement forestier de sauvegarde des feuillus du MorvanGroupement forestier du chat sauvage — Groupement forestier l’hospitalière — L’association de défense du Trinquelin — L’association La Caravane — La CAPEN 71Le Carrouège – association SycomorLes Terres Rouges de TreignyLPO 58PeiraoSauvegarde du Massif d’Uchon (SaMU)SOS Forêt BourgogneYonne Nature Environnement

Non à destruction du patrimoine écologique, culturel, paysager et touristique du Morvan

La population du Morvan est confrontée à une accélération des coupes rases due à un rajeunissement de l’âge d’exploitabilité (30-40 ans aujourd’hui contre 70-80 en 2011), de la conversion de forêts de feuillus en monoculture de résineux et enfin, depuis quelques années, de la crise des épicéas scolytés. Ces trois facteurs sont la conséquence directe d’une sylviculture totalement dépassée au regard des deux enjeux majeurs actuels que sont la biodiversité et le changement climatique.

Cette sylviculture désastreuse pour le Morvan reste largement subventionnée sans contrepartie. L’argent du contribuable est utilisé, non pas à soutenir une filière, mais à soutenir sa face industrielle au détriment de l’écologie forestière, du changement climatique, de la filière locale, des petits scieurs, des forestiers de qualité, de l’ensemble des autres acteurs économiques du Morvan et la qualité de vie des habitants du Morvan.

Ces monocultures d’essences inadaptées comme l’épicéa, essence d’altitude, engendrent un écosystème appauvri. Ces plantations peu résilientes sont aujourd’hui attaquées par un insecte, le scolyte dont la propagation est favorisée par le changement climatique et les plantations mono-essences.

Si la coupe rase est difficile à éviter dans ce cas, il est irresponsable de subventionner à nouveau sans contrepartie des replantations en monoculture ou à faible mélange d’essences, sans feuillus, comme cela reste courant encore aujourd’hui avec le plan de relance.

De plus, même dans le cadre d’une coupe de forêt scolytée, il n’y a pas nécessité de détruire systématiquement les sols, les réseaux hydrographiques, les chemins ruraux, libérer le carbone du sol en dessouchant et sillonnant les sols avec des engins lourd par temps inadapté, de plus dans des sites remarquables, comme récemment la fontaine gallo-romaine et oppidum du Vieux-Dun.

Le douglas, trop souvent planté en remplacement des épicéas scolytés, commence à être attaqué dans le Morvan par un autre insecte : la cécidomyie… Il y a urgence à soutenir les propositions très concrètes pour encadrer cette sylviculture d’un autre âge, guidée uniquement par les rapports financiers de court terme.

Dans le Morvan, on atteint la caricature. Un secteur aussi subventionné ne peut pas se développer au détriment d’autres secteurs économiques du Morvan tout aussi vitaux comme le tourisme et déposséder les Morvandiaux de leur culture, leurs paysages, leur environnement, leur travail (tourisme), leur chauffage (disparition des feuillus)…

La problématique des coupes n’est pas qu’un problème écologique ou paysager, c’est aussi devenu un enjeu culturel au sens large qui impacte le devenir du territoire dans ce qu’il a de plus profond.

C’est pourquoi nous, associations environnementales, culturelles, sportives, acteurs économiques du tourisme, citoyens excédés par le manque de cohérence des politiques publiques forestières, demandons à nos élus parlementaires d’agir enfin pour :

  • faire évoluer la loi pour un encadrement ferme des coupes rases ;
  • faire évoluer la loi en s’inspirant du travail très concret produit par les ONG SOS forêt et Canopée en concertation avec de nombreux professionnels pour aller vers une sylviculture moins destructrice pour la biodiversité et le changement climatique ;
  • faire évoluer la loi pour permettre aux parcs naturels régionaux de réglementer les espaces remarquables du point de vue écologique, patrimonial et touristique.

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